Vendredi dernier, j’étais l’invité de l’émission « Ce soir ou Jamais » avec Frédéric Taddeï, Session rattrapage si vous avez raté l’émission :

 

Je vous invite à lire ma lettre « Parole de Député » distribuée à Argenteuil et Bezons ces jours-ci. Je reviens sur l’année 2015 qui fut extrêmement difficile et sur les combats de demain autour de nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité. Je détaille aussi, en toute transparence, l’utilisation de ma réserve parlementaire avec le Collectif des Solidarités pour lutter contre la précarité.

 

Amine El Khatmi a 27 ans, il est militant socialiste, élu à la mairie d’Avignon où il est adjoint de la Maire Cécile Helle. Depuis une dizaine de jours, Amine est victime d’insultes et de menaces sur Twitter. Cloué au pilori pour avoir critiqué les propos d’une enseignante proche du Parti des indigènes de la République, à l’adresse d’Alain Finkielkraut au cours de l’émission Des paroles et des actes le 21 janvier. Le lendemain, sur Twitter, il se dit « affligé » de l’intervention de cette personne et devient immédiatement la cible d’internautes qui l’accusent d’être un “harki”, un “collabeur”, une sorte de traître.

Mais qu’a-t-il trahi ? Son patronyme ? Ses origines ? Sa religion ?

Amine est un citoyen français, républicain, qui plus est engagé politiquement. Il est un défenseur de la laïcité, cette belle valeur qui lui garantit la liberté de culte et lui permet de dire « Moi, musulman pratiquant, je réserve l’expression de ma foi à ma vie privée. »

Ses valeurs, les nôtres, sont celles qui permettent à chacun de vivre ensemble, dans le respect des différences, rassemblés par et dans la République.

Ceux qui attaquent aujourd’hui Amine lui nient cette liberté, sa qualité de citoyen, et l’enferment dans une identité, en lui collant une étiquette exclusive et indépassable. Ceux là ne sont pas dans le camp de la République. Ils en sont l’exact opposé, ils sont les communautaristes qui s’efforcent de casser ce qui rassemble, ce qui unit, ce qui apaise.

Face à cette haine aveugle, inculte, répondons par nos valeurs, par la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Courage Amine, ils ne peuvent pas l’emporter.

Pour la première rencontre du cycle « Demain les banlieues », en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, je recevais Jérôme Fourquet pour son livre « Karim vote à gauche et son voisin vote FN » (L’Aube, Fondation Jean-Jaurès, novembre 2015).

La vidéo de notre entretien :

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Au lendemain des régionales Philippe Doucet, élu PS, député du Val d’Oise met l’accent sur la dimension identitaire qui doit émerger à gauche pour contrer la montée du FN et revient sur le bilan mitigé des dix années de politique des banlieues incapable d’enrayer les problèmes liés à la discrimination et à l’islamisme.


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Atlantico : Quelle est votre position sur la déchéance de la nationalité pour les bi-nationiaux?

Philippe Doucet : Sensible aux remarques de nombreux citoyens bi-nationaux se sentant en risque d’exclusion de la nationalité française, je propose, pour qu’il n’y ait pas deux catégories de Français, la mise en place d’une déchéance de citoyenneté pour tous (français, bi-nationaux) et une peine d’indignité nationale.

Je rappelle que parmi les auteurs des attentats de janvier et de novembre, identifiés et décédés, il n’y a aucun binational, que des Français, mis à part le belge-marocain Abdelhamid Abaaoud.

A la suite des Rencontres d’Argenteuil en octobre dernier, où vous aviez convié, en partenariat avec la fondation Jean Jaures, politiques, chercheurs et journalistes pour débattre sur les politiques des banlieues, vous revenez, dans une note intitulée « Dix ans de politique sur les banlieues : fantasmes et réalités » publiée le 4 décembre, sur les politiques menées depuis les émeutes de Clichy-sous-Bois de 2005, « un épisode qui a marqué la République et l’imaginaire des Français ». Vous qui êtes député et avez été maire d’Argenteuil, considérez-vous que la situation s’est-elle dégradée depuis ?

En dix ans, la politique menée a permis d’améliorer la situation dans les quartiers prioritaires, notamment par le biais de la rénovation urbaine et des transports qui ont aidé au désenclavement de la banlieue et à lutter contre la ghettoïsation. Avec le Grand Paris, la situation va encore évoluer. Mais d’autres questions comme l’échec scolaire et les problèmes liées aux discriminations religieuses à l’embauche n’ont pas été traitées, laissant l’apartheid social progresser. Il a fallu les attentats du 11 janvier pour que le débat s’ouvre, mais l’heure est aux solutions.

Dans votre rapport, vous constatez que l’apartheid social a progressé dans les quartiers. Mais ne pensez-vous pas que la situation dans les banlieues ne doit pas seulement être réduite à un problème social, mais résulte aussi d’une crise de l’intégration dont la radicalisation des jeunes issus de l’immigration est le triste symptôme?

La question sociale est centrale. S’il y avait moins d’échec scolaire, moins de discriminations, l’intégration serait bien meilleure. Et il faut aussi prendre en compte la question de l’imaginaire qui structure la représentation des banlieues, associée à la délinquance, à la criminalité et maintenant au terrorisme islamiste. Le développement de ces représentations sur la banlieue perçues comme menaces pour la République et la remise en cause de la citoyenneté de ces habitants créent un basculement dans l’opinion. Les stéréotypes sur les banlieues circulent dans les médias et répondent aux discours du bloc réactionnaire. Et les banlieues passent peu à peu pour « des lieux perdus de la République ».

Pourtant l’emprise de l’idéologie djihadiste sur certains jeunes de ces quartiers n’est pas une vue de l’esprit…

Non, c’est une réalité. Mais tout le monde voit bien la complexité du phénomène de radicalisation : causes personnelles, idéologiques, sociales, économiques… Il faut trouver de nouveaux outils pour assécher le phénomène à la source. Inspirons nous par exemple du travail mené par Dounia Bouzar, spécialiste du desembrigadement des jeunes et son Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam. Ou encore du travail du psychanalyste tunisien Fethi Benslama (auteur de « La psychanalyse à l’épreuve de l’islam) qui organise des séminaires mensuels sur le sujet.

Vous mentionnez l’étude de Marie-Anne Valfort, économiste à l’Ecole d’économie de Paris, sur les discriminations religieuses à l’embauche. Combattre ces discriminations, aussi nécessaire que ce soit, suffit-il à créer le sentiment d’appartenance à la communauté nationale ?

Ça ne suffit certainement pas, mais c’est indispensable, car comment parler de République donc d’égalité quand l’importance de ces discriminations montre que l’égalité n’existe pas de fait. Mohamed qui doit envoyer quatre fois plus de CV que Pierre ne peut pas voir la République de la même manière.

Dans votre rapport, vous estimez que « l’imaginaire de la citoyenneté est en régression ».  Vous parlez de l’imaginaire des banlieues associées aux « classes dangereuses » ; n’est-ce pas plutôt les catégories populaires automatiquement perçues comme de petits blancs racistes-électeurs frontistes devant être rééduquées qui sont les réelles classes dangereuses mises au ban de la société?

On ne va rééduquer personne ! Aujourd’hui, tout le monde ne se sent pas patriote de la même manière. Les électeurs FN ont une vision particulière de la France et elle changera lorsqu’il y aura un autre récit national. J’entendais un maire LR qui ne comprenait pourquoi le FN remportait un score important alors que sa commune ne connaissait pas de problèmes de délinquance, ni de chômage. Les électeurs de cette ville ont voté FN pour un certain imaginaire national. Pour conclure, la vraie question politique est de retrouver comment faire nation. Ce sera l’un des sujets centraux de la campagne présidentielle de 2017.

Quelque articles qui reviennent sur le colloque que j’ai animé ce mardi à l’Assemblée Nationale pour parler de la laïcité, un an après les attentats de janvier avec les représentants des cultes et des familles de pensée laïque. 


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  • Pour Bruno Le Roux, les organisations religieuses «ne sont pas des interlocuteurs politiques» par Julien Chabrout, Le Figaro

> http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/01/05/25001-20160105ARTFIG00183-pour-bruno-le-roux-les-organisations-religieuses-ne-sont-pas-des-interlocuteurs.php

 

  • Croyants ou non, un an après Charlie : tous laïques, mais pas tous les mêmes par Benoît Fauchet, AFP

> http://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/croyants-ou-non-un-an-apres-charlie-tous-laiques-mais-pas-tous-les-memes_1750799.html

> http://information.tv5monde.com/en-continu/croyants-ou-non-un-apres-charlie-tous-laiques-mais-pas-tous-les-memes-79078

Par Hugo Soutra 

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Auteur d’une vingtaine de propositions au lendemain des attentats de janvier 2015, le député (PS) du Val-d’Oise, Philippe Doucet, préconise de nouveau de muscler au plus vite la politique de la ville. L’ancien maire d’Argenteuil interpelle également les ministères de l’Education nationale ou ou du Travail, principaux responsables, selon lui, du désenchantement des habitants des quartiers prioritaires. 

 

Les professionnels de la politique de la ville parlent-ils encore le même langage que les habitants des quartiers populaires ?

Cela fait des années qu’ils ne se comprennent plus ! Le jargon utilisé par le ministère de la ville, donc in fine les élus locaux et les agents sur le terrain, semble en priorité destiné à camoufler l’inefficacité de certaines politiques publiques nationales. Sauf qu’à force de voir les pouvoirs publics ignorer les vraies questions, les habitants des quartiers prioritaires finissent par se désintéresser de ce qu’ils peuvent leur raconter…

La plupart des citoyens ne croient plus qu’à ce qu’ils voient. Or, ce qu’ils voient, dans ma circonscription, c’est que 28% des jeunes sortent du système éducatif sans diplôme, et qu’une partie de ceux qui réussissent leurs parcours scolaires subissent ensuite de graves discriminations. Un rapport de l’Institut Montaigne – un think tank d’obédience libérale, qui n’a pas vraiment la réputation d’être un repaire de gauchistes – le confirme d’ailleurs sur le plan national.

En parallèle des annonces sécuritaires qui ont suivi les attentats de janvier et novembre 2015, le gouvernement aurait-il dû apporter une réponse préventive, éducative, sociale comme le réclamait certains acteurs locaux ?

L’avantage avec les mesures sécuritaires, c’est que le gouvernement est sûr d’être entendu. La verticalité de l’appareil d’Etat fonctionne à merveille en matière d’ordre public : l’armée et la police lui obéissent sans sourciller. Force est de constater que ce n’est pas la même chose dans toutes les administrations…

Aujourd’hui, nous payons, par exemple, le fonctionnement corporatiste de l’Education nationale. Il suffit pourtant de voir le développement à vitesse grand V de l’enseignement privé dans les banlieues françaises pour constater l’échec de l’école publique. Au lieu de réinterroger les politiques de droit commun, la politique de la ville se contente malheureusement de poser des sparadraps dans les quartiers, et de donner ainsi bonne conscience à la société française.

J’ai signé il y a quelques semaines un très beau « contrat de ville », remarquable sur le plan technique. Mais il ne traite à aucun moment de ces questions essentielles… Malgré le taux d’échec scolaire considérable sur notre territoire, aucune réflexion sérieuse n’a été menée par le rectorat sur la lutte contre le décrochage scolaire ou le développement des écoles de la deuxième chance.

Vous appelez en quelque sorte la ministre de l’Education nationale à ne pas oublier qu’elle dirigeait, encore il y a peu, le secrétariat d’Etat à la politique de la ville…

Comme n’importe quels parents, les habitants des quartiers prioritaires réclament en effet un véritable projet pédagogique pour leurs enfants. Mais, lorsque les principaux syndicats d’enseignants bloquent sur le fait de payer davantage les jeunes professeurs exerçant en ZEP, que vous avez donc 35% de rotation annuelle chez les professeurs de ces « lycées difficiles », que le principal change tous les trois ans, cela devient tout de suite plus compliqué…

Et je ne parle même pas, là, de la mixité scolaire et de l’évitement pratiqué par des familles de classes moyennes et supérieures, qui est encore un autre problème.

Finalement, plus que des nouveaux dispositifs, certains se demandent s’il ne manquerait pas davantage un véritable discours politique inclusif susceptible de redonner de l’espoir et de la confiance aux habitants des quartiers prioritaires ?

Parler sans cesse de « République » à des citoyens pleinement conscients que leurs enfants ont moins de chances de réussite à l’école et mettront quatre fois plus de temps à trouver un emploi est pour le moins culotté… On peut continuer à faire « comme si » pendant longtemps, mais il me semble plus judicieux de poser des mots sur les maux puis de tout faire pour les résoudre, avant de leur offrir éventuellement un nouvel « imaginaire. »

Si la République se traduit par l’égalité pour tous, arrêtons de pinailler et construisons-la maintenant. Regardez l’écho qu’ont eu les propos de Manuel Valls, en janvier dernier, sur « l’apartheid » ? Tout le monde est conscient qu’il existe une forte ségrégation dans notre pays, les Français sont capables de l’entendre. Il est inconcevable de mettre ainsi à l’écart des centaines de milliers de jeunes Français, sinon vous le paierez obligatoirement en retour.

Que préconisez-vous pour repenser la politique de la ville et la rendre plus efficace ?

Si François Lamy – dont les intuitions me paraissaient pertinentes – était resté ministre de la Ville jusqu’au bout du quinquennat, sa réforme aurait été intéressante. Mais elle a été concassée par la machine d’Etat. Résultat : la loi du 21 février 2014 créé bien des « conseils citoyens », sauf que les élus et les professionnels continuent, en réalité, à produire des dispositifs par le haut sans faire confiance à la société  civile. Et l’Education nationale, elle, continue toujours de faire mine de discuter avec les autres. Il ne s’agit donc pas forcément de transformer la politique de la ville de fond en comble, mais de faire en sorte qu’elle arrête de ronronner.

Nous connaissons la plupart des problèmes, nous savons comment intervenir, donc, maintenant, concrétisons véritablement « La République pour tous. » Qu’il s’agisse de l’augmentation du traitement des professeurs exerçant en banlieue, d’une  campagne de testing contre les discriminations à l’embauche ou de la suppression de la dotation globale de fonctionnement aux élus fraudeurs ne respectant pas le seuil minimum de logements sociaux fixés par la loi SRU, l’important, c’est de modifier les règles du jeu pour corriger les inégalités produites par les politiques publiques de droit commun.

Invit Gabriel Peri

Argenteuil, le 2 décembre 2015

Madame, Monsieur,

 

Comme chaque année, les démocrates se retrouveront le 15 décembre pour saluer la mémoire de Gabriel Péri, député de la circonscription d’Argenteuil fusillé par les Nazis pour faits de résistance le 15 décembre 1941.

 

Comme l’an passé, je regrette que la Municipalité ne prenne plus en charge l’organisation de cette commémoration qui devrait rassembler tous les Argenteuillais.

 

L’année 2015 correspond au 70ème anniversaire du premier exercice du Droit de vote des femmes en France (droit enfin obtenu par les femmes en 1944 lors de la Libération).

Les femmes voteront pour la première fois à l’occasion des municipales en avril 1945, puis lors de l’élection de l’Assemblée constituante en octobre 1945.

 

A ce dernier scrutin, c’est Mathilde Gabriel-Péri qui sera présentée par le Parti communiste français dans la circonscription de la Seine-et-Oise qui comprend alors Argenteuil et Bezons.

Elue, Mathilde Gabriel-Péri sera l’une des toutes premières femmes à siéger à l’Assemblée Nationale et à en devenir vice-présidente.

Réélue en 1946, elle restera député jusqu’en 1958.

 

Pour rendre hommage à Mathilde Gabriel-Péri et saluer ainsi l’accès des femmes aux droits politiques, avant de nous rendre à la cérémonie pour Gabriel Péri, je vous propose de nous retrouver à 16h30 au cimetière de Calais pour un dépôt de gerbe sur sa tombe.

 

Souhaitant vous retrouver nombreux ce 15 décembre à 16h30 au cimetière de Calais puis à 17h30 au pied du monument érigé en hommage à Gabriel Péri, veuillez accepter, Madame, Monsieur, mes salutations les meilleures.

Philippe DOUCET

Député d’Argenteuil-Bezons

 

La revue Hémicycle me consacre un portrait cette semaine :

 

J’ai posé mercredi 25 novembre une question au Gouvernement pour avoir des précisions sur la feuille de route pour la lutte contre le terrorisme suite aux attentats du 13 novembre.

En voici le texte (seul le prononcé fait foi) :

Monsieur le Premier Ministre,

Avant toute chose, j’aimerais adresser au peuple tunisien, frappé hier par la barbarie terroriste, un salut amical et fraternel des députés de notre Assemblée. La Tunisie, pays en plein essor démocratique, a plus que jamais besoin de notre soutien et de notre attention.

Monsieur le Premier Ministre,

Suite aux  attentats du 13 novembre, l’ensemble de l’appareil d’Etat et de nos forces de sécurité est concentré sur le démantèlement des réseaux qui ont frappé notre peuple.

Des perquisitions ont été réalisées. L’enquête conduite par la justice et nos forces de sécurité progresse grâce notamment aux dispositions adoptées dans le cadre de l’état d’urgence.

Les explications apportées hier par le procureur Molins mettent en évidence les ramifications et les complicités employées par les terroristes pour réaliser leur terrible forfait. La traque de ces assassins et de leurs réseaux vont se poursuivre sans relâche.

Chers collègues,

Votée massivement par notre Assemblée, la loi prorogeant l’état d’urgence est entrée en vigueur samedi. L’état d’urgence permet à la République de riposter très rapidement à la menace et de s’organiser face à ceux qui veulent nous déstabiliser.

L’état de droit n’est pas un état de faiblesse et l’état d’urgence n’est pas un état de non-droit. C’est tout l’inverse. Dans cette guerre obscure qui est menée contre la liberté, nous ne pouvons pas faillir.

Monsieur le Premier Ministre,

Notre majorité est fière de la mobilisation exceptionnelle pour démanteler les filières terroristes. Elle est à la hauteur des enjeux et des difficultés placées sur le chemin de la France.

La majorité est, vous le savez, en situation de responsabilité pour que le Parlement exerce un contrôle démocratique légitime de l’état d’urgence.

Alors, ma question est simple. Pouvez-vous nous rappeler la feuille de route du gouvernement pour les prochaines semaines ?